On voit de plus en plus de joueurs passer de la petite balle au tamis aux deux autres disciplines, moins astreignantes sur le plan technique. La seconde cause du déclin de cette discipline tient à la division des instances fédérales. A la FIPB, s'ajoute en 1924 une Ligue de l'Amateurisme. Lui feront échos les créations de fédérations pour l'Entre-Sambre-et-Meuse et la Thudinie. Cette dispersion a un effet négatif sur l'organisation des compétitions. La FIPB ne parvient pas à imposer son autorité sur le ressort qu'il lui reste. De nombreux incidents, relatifs au calendrier, à la composition des équipes ou à l'arbitrage, émaillent le déroulement des compétitions . Il est en effet éclairant de constater que ce jeu ne possède pas de règlement complet. Les règlements successifs qu'a connus la petite balle au tamis ne reproduisent jamais l'entièreté des lois qui devraient régir la discipline . La troisième raison du déclin irréversible de la petite balle au tamis est d'ordre matériel. Le jeu demande une nouvelle balle à chaque livrée. A cela s'ajoute le coût du gant et du tamis, accessoire qu'on ne trouve plus dans le commerce, et qu'il est dès lors difficile de se procurer . La concurrence des disciplines surs, la demi-dure et la pelote dans un premier temps, cette dernière seule par la suite, achèvent de précipiter la perte de la petite balle au tamis . Nous pouvons encore peut-être avancer une quatrième raison à la disparition de la petite balle au tamis. Cette cause tient au jeu en lui-même. En effet, ce jeu, peu propice aux échanges, est de nature à lasser le spectateur qui, progressivement, lui préfère la balle pelote.
Il est intéressant de s'attarder à ce qu'écrit Arthur Mayer, en 1922, pour expliquer les " causes qui nuisent à l'attrait et au développement du jeu de balle " . A côté de motifs qui tiennent spécifiquement à des aspects techniques, l'on peut relever :
1) " Le peu de différence des enjeux ou cachets de présence et le peu d'importance mis à l'achèvement des luttes.
2) Participation des joueurs dans les paris.
3) Composition forcée des parties où l'accord manque trop souvent et où on assimile l'artiste au joueur médiocre.
4) Professionnalisme qui éloigne les artisans et les classes bourgeoises de la pratique du sport.
5) Abstention des vrais amateurs remplacés par des intéressés dans la direction du jeu.
6) Indifférence des autorités publiques, scolaires et gymnastiques qui n'accordent pas au jeu de balle l'attention qu'il mérite.
" En sursis depuis plusieurs décennies, c'est en 1964 que la petite reine blanche fendra les airs pour la dernière fois .