La Balle au Tamis "année 1961"


Année 1961:
Fait assez exceptionnel cette saison 61, Gosselies est écrasé au Sablon par Châtelineau qui lui inflige un 8-0 ! Cela n'empêchera pas la bande à Casaert de remporter ce championnat 61 devant Châtelet.
Gosselies 1961: Léon Casaert - René Deghislage - André Stassart Ernest Frocheur - Richard Dhoeraene avec Léoplold Collignon

A méditer pour les jeunes pelotaris présomptueux : René Deghislage servait 462 balles entre les perches ! Un record que l'on croyait certainement ne pas revoir de si tôt. Et bien, non il fût battu dès l'année suivante par le même joueur qui en 1962 livrait 478 balles outres !

Tric-Trac
Lors de cette même saison, on assista probablement au plus long "tric-trac" de l'histoire du sport ballant. Lors de la lutte Meslin - Maubrey, la balle fût remise à 15 reprises avant le gain de la chasse ! Les spectateurs étaient vraiment gâtés à l'époque. Et dire que certains jeunes ne savent même plus ce que c'est, quel dommage. L'avenir de la balle pelote Parler de l'avenir du jeu de balle dans la séquence rétro en voilà une drôle d'idée. Et pourtant, en partant d'une analyse d'époque traitant du déclin de la balle au tamis on peut se rendre compte que si l'on n'y prête garde les mêmes causes pourraient causer les mêmes effets. Ne dit-on pas que l'histoire est un éternel recommencement ? Saurons-nous en tirer les enseignements, pour l'instant nous n'en sommes pas sur le chemin.

De quoi parlait-on à l'époque :

- Un déclin lent et inéluctable de grands centres comme la région carolorégienne : que reste-t-il de l'ex-entente de Charleroi (les Gosselies, Gilly, Châtelet, Châtelineau, Wagenies, Fleurus, ....) des miettes.
- Un exercice délicat de la livrée : actuellement des dizaines de balles livrées hors cadre lors de chaque lutte.
- Une division des instances fédérales : nous avons déjà connu la division avec la FWABP qui sait ce que nous réserve encore l'avenir ?
- Des problèmes matériels liés aux balles qui devaient régulièrement être changées. Ce problème s'est également posé pour la balle pelote.
- Le coût du gant et des balles, qui de plus, ne sont pas disponibles dans le commerce. C'est aussi devenu le cas pour la balle pelote. Plus aucun gamin ne peut acheter une "collège" dans un magasin de sport et encore moins un gant.
- Et enfin, le jeu lui-même qui devient ennuyant. Il n'y a plus aucun échange. Quand avez-vous assisté pour la dernière fois à un tric-trac digne de ce nom au jeu de balle ?
- La concurrence d'autres disciplines : regardez combien de page de vos quotidiens ont été réservées au tennis ces derniers jours.

Voici le texte qui analyse le déclin de la balle au tamis :

      " En 1920, les grands centres de la petite balle au tamis sont la région carolorégienne, la Basse-Sambre, le Centre, ainsi que Bruxelles . Progressivement, la petite balle va connaître un déclin inéluctable.
       Les causes de cette régression sont multiples. La première d'entre elles tient au jeu en lui-même. En effet, l'exercice de la livrée au tamis demande une maîtrise technique que peu de joueurs possèdent. Selon A. MAYER, "le tamis effraie presque tous ses adeptes et il est un épouvantail pour les autres .
      Ce tamis à qui l'on fait endosser tous les méfaits occasionnés par l'ignorance de ceux qui s'en servent". On voit de plus en plus de joueurs passer de la petite balle au tamis aux deux autres disciplines, moins astreignantes sur le plan technique. La seconde cause du déclin de cette discipline tient à la division des instances fédérales.

          A la FIPB, s'ajoute en 1924 une Ligue de l'Amateurisme. Lui feront échos les créations de fédérations pour l'Entre-Sambre-et-Meuse et la Thudinie. Cette dispersion a un effet négatif sur l'organisation des compétitions. La FIPB ne parvient pas à imposer son autorité sur le ressort qu'il lui reste. De nombreux incidents, relatifs au calendrier, à la composition des équipes ou à l'arbitrage, émaillent le déroulement des compétitions . Il est en effet éclairant de constater que ce jeu ne possède pas de règlement complet. Les règlements successifs qu'a connus la petite balle au tamis ne reproduisent jamais l'entièreté des lois qui devraient régir la discipline . La troisième raison du déclin irréversible de la petite balle au tamis est d'ordre matériel. Le jeu demande une nouvelle balle à chaque livrée. A cela s'ajoute le coût du gant et du tamis, accessoire qu'on ne trouve plus dans le commerce, et qu'il est dès lors difficile de se procurer . La concurrence des disciplines soeurs, la demi-dure et la pelote dans un premier temps, cette dernière seule par la suite, achèvent de précipiter la perte de la petite balle au tamis . Nous pouvons encore peut-être avancer une quatrième raison à la disparition de la petite balle au tamis. Cette cause tient au jeu en lui-même. En effet, ce jeu, peu propice aux échanges, est de nature à lasser le spectateur qui, progressivement, lui préfère la balle pelote. Il est intéressant de s'attarder à ce qu'écrit Arthur Mayer, en 1922, pour expliquer les " causes qui nuisent à l'attrait et au développement du jeu de balle " .

A côté de motifs qui tiennent spécifiquement à des aspects techniques, l'on peut relever :

1) " Le peu de différence des enjeux ou cachets de présence et le peu d'importance mis à l'achèvement des luttes.
2) Participation des joueurs dans les paris.
3) Composition forcée des parties où l'accord manque trop souvent et où on assimile l'artiste au joueur médiocre.
4) Professionnalisme qui éloigne les artisans et les classes bourgeoises de la pratique du sport.
5) Abstention des vrais amateurs remplacés par des intéressés dans la direction du jeu.
6) Indifférence des autorités publiques, scolaires et gymnastiques qui n'accordent pas au jeu de balle l'attention qu'il mérite. En sursis depuis plusieurs décennies, c'est en 1964 que la petite reine blanche fendra les airs pour la dernière fois ."

 
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