Le Bilboquet
        Essentiellement, le jeu consiste à lancer la balle dans les airs, soit à la main ou au moyen du cordon, et de la rattraper par la base ou encore à l'empaler sur la tige. (Au départ, les bilboquétistes tiennent le bâtonnet dans une main et la boule dans l'autre.)
        De nombreuses variantes existent car, au cours des deux derniers siècles, des bilboquets à trois "bases", à deux ou même trois pointes ont été dessinés où le décompte des points a été modifié pour tenir compte de la position de ces "bases" ou "pointes".
         Chez les Inuits, par exemple, l'os de l'omoplate étant teint noir d'un côté, le nombre de points pourra varier en fonction du côté rattrapé par la pointe. Idem pour ce qui est du nombre de trous dans la balle ou l'os, etc.
       Certaines fédérations ou associations sont allées récemment jusqu'à adopter la nomenclature japonaise pour décrire les mouvements reliés à ce sport et à fixer le nombre de points associés avec chacun (Furikens, Chuzaras, Nihons [ou Nihon-Isshu], Ozaras, Hikokis, Tome-ken, Furi-ken et Todai), selon le décompte nippon, tandis que, chez d'autres, les "périodes" ont été limitées à deux de quinze minutes par rapport au jeu classique qui est composé de trois "bilboquis" de dix minutes chacun.
Le nombre de juges peut également varier : neuf dans la plupart des fédérations mais six seulement chez les bilboquétistes du Guatemala tandis qu'il n'y a pas de juge (un arbitre seulement) dans les pays d'origine scandinave. Ajoutons en terminant que, dans certaines tribus africaines - et jusqu'à tout récemment -, l'adresse du bilboquétiste devait être double car il devait, en même temps qu'il pratiquait son art, raconter une histoire et lorsqu'il avait échappé la balle plus d'une fois, il devait recommencer une nouvelle histoire à chaque fois, le gagnant étant celui dont les histoires avaient le plus intéressé les juges.
Le bilboquet Inuit ...
        La version Inuit du bilboquet est l'adaption d'un jeu très courant en Europe. En Langue Inuit, les habitants de Repulse Bay (Canada) appelle ce jeu Iyaga, alors que d'autres groupes Inuit auront un nom différent pour ce même jeu. Par exemple, le dessin en hqut à gauche (Gouvernment du Canada: Ministère des Affaires Indiennes et du Nord, 1975, #QS-8050-000-BB-A1) qui montre une femme Inuit faisant ce jeu a été exécuté par Sorosilutoo et s'intitule Ilukitatuk.
      L'artiste Inuit vit à Cape Dorset sur l'ile de Baffin au Canada. Les sculpteurs Inuit fabriquaient quelquefois ce jeu avec le bout de la corne d'un boeuf musqué, mais le plus souvent avec l'humérus d'un phoque.

   Normalement on perçait un trou décentré dans une des extrémités du morceau d'os qui allait servir de "cible" afin d'y attacher un morceau de tendon tressé.On attachait l'autre extrémité de la corde à un éclat d'os qui avait la forme d'une longue aiguille.

        En faisant tourner l'os "cible" dans l'air le joueur devait essayer de rattraper la cible sur la longue aiguille. Les deux photographies qui sont au-dessus montrent deux modèles différents de ce jeu. Celui de gauche se compose d'un os "cible" percé d'un seul gros trou dans lequel l'aiguille doit "empaler" la "cible".

       L'autre à droite se compose d'une "cible" comportant plusieurs petits trous; le joueur doit donc avoir une bonne coordination visuelle et manuelle.


Bilboquet moderne


Bilboquets modernes
pour les animations extérieures


   


Mis à la mode par Henri III qui le découvrit vers 1585 Définition: -Tirée du Dictionnaire de L'Académie française, 1ère Edition, 1694 (source) BILBOQUET. s. m.
      Certain jeu d'enfants. C'est un baston creusé par les deux bouts, et qui reçoit alternativement une balle de plomb attachée à une ficelle. Il se retrouve tousjours sur ses pieds comme un bilboquet. Il se tient droit comme un bilboquet. Cela se dit, parce que si un bilboquet n'est pas tenu droit, il ne reçoit pas la balle de plomb.
       Ou bien: bilboquet n. masc. (de bille boule, et bouquer, encorner comme ferait un boucle.) : Jouet composé d'une boule percée reliée par une cordelette à un manche (le jeu consiste à enfiler la boule sur le manche avec une seule main).
       Quoiqu'il en soit l'origine précise du bilboquet demeure flou. L'explication la plus probable serait que le mot bilboquet vienne du français "bille" plutôt que de l'espagnol "Bilbao".

       Le bilboquet apprivoisé (un truc simple pour réussir pratiquement à tous les coups) palais-decouverte.fr Bilboquet: Cup and Ball or Ring and Pin Games Ce qu'il en pense: Jean-Jacques Rousseau (1712-1778): "J'aurai toujours un bilboquet, et j'en jouerai toute la journée pour me dispenser de parler quand je n'aurais rien à dire. Si chacun en faisant autant, les hommes deviendraient moins méchants, leur commerce deviendrait plus s×r, et je pense, plus agréable. Enfin, que les plaisants rient, s'ils veulent, mais je soutiens que la seule morale a la portée du présent siècle est la morale du bilboquet. " (Les Confessions, 5ème livre)

                     
Le Bilboquet de compétition ...

       Le bilboquet de compétition, tel que défini par la Fédération Internationale des Bilboquétistes Amateurs (FIBA), mesure 28,8 cm de long, pointe non comprise. Son diamètre, à la base, est de 5,6 cm avec un enfoncement ne dépassant pas 1 cm. Son manche peut avoir une épaisseur qui peut varier entre 4,3 et 9,2 cm de diamètre à condition que la plate-forme recevant la pointe ne dépasse pas cette dernière mesure. La pointe, elle, a une forme et une longueur fixe : elle est en forme de cône, mesure 0,5 cm à la base et doit être de 5,3 cm de long. La forme du bilboquet, en dehors de cette pointe, de cette base et de cette plate-forme, qui doivent nécessairement être en forme de cercle (ou "boule"), peut varier à l'infini.fixer des critères fort différents.
Généralement ronde, on en voit, depuis quelques années, sur les terrains de championnat de la FIBA, épousant de plus en plus la main du bilboquétiste. Le cordon reliant la boule au bilboquet ne doit pas dépasser 51,6 cm et doit être attaché à moins de 2 cm de la base. La boule, elle, mesure précisément 7,8 cm et son trou ne doit pas avoir une embouchure dépassant 2 cm. Les matériaux utilisés peuvent varier. La plupart des grands bilboquétistes de la FIBA utilisent des bilboquets entièrement fabriqués de chêne ou de bois de rosier (la préférence allant au premier) avec des pointes en acier

Mais ce serait ignorer le grand champion Ernst Mčeller (champion de 1931 à 1936) dont le bilboquet et la boule étaient entièrement composés d'aluminium. En dehors de ces mesures et caractéristiques, le lecteur comprendra que d'autres fédérations ou associations sportives comptant le bilboquet parmi ses activités ont pu, au fil des ans.
Les japonais, entre autres, tentent depuis plusieurs années de faire adopter des modèles en plastique avec systèmes de délestage.
Tandis que certains adeptes, plus puristes que les autres, tentent de remonter aux règlements datant du Grand Cressance Marshall (1610-1672) dont - la légende veut - le cordon reliant la boule au bilboquet proprement dit aurait été tressé à partir de la chevelure d'une femme, mais notre propos, ici, est de nous en tenir aux règlements de la FIBA qui ne s'est pas encore arrêté (1998) au matériau de ce cordon. Il est, pour le moment, de nature variée mais de plus, en plus, les joueurs se servent de cordons à base de chanvre de la Nouvelle-Zélande ou "phormion" depuis l'adoption de ce matériau par le Professeur Marshall en 1971. Précisons quand même que, quelle que soit la fédération ou association à laquelle ils appartiennent, les bilboquétistes ont souvent des bilboqueteurs (ou fabriquant de bilboquets) attitrés et que les deux forment un couple quasi inséparable.

       Historique:
        
L'origine du jeu de bilboquet est assez obscure. Certaines sources disent qu'il serait apparu pour la première fois en France, à la fin du XVIe siècle mais les vêtements des plus anciennes gravures montrant des joueurs de bilboquet sont du XVIIe. - Voir à ce propos : J. Slocum & J. Botermans ; "Puzzles Old & New" (Seattle: University of Washington Press, 1992, p.142)

        Dans ses Mémoires (1691-1723), Saint-Simon n'en fait aucunement mention mais dans ses Commentaires (1521-1576), Blaise de Montluc fait fréquemment allusion à un jeu qui s'apparente étrangement au pique-balle (nom ancien du bilboquet), que ses soldats pratiquaient lors des sièges et qui aurait été joué dans les armées de France depuis les Croisades.

         Le mot lui-même a une étymologie contestée : On dit qu'il serait apparu pour la première fois en français, en 1534, l'année de la première venue de Jacques Cartier au Canada, et qu'il aurait été formé des mots "bille" ("petite boule", 1164 ou encore "bâtonnet", 1176) et "bouquet" (diminutif de "bouque", 1203, ou "boule") mais on retrouve déjà, dans Chaucer (c.1340-1400) le mot bilbo, sorte de tiges servant à immobiliser les pieds de prisonniers et Cervantès (1547-1616) affirme de son côté que les bilbos, épées à pointe et à boule, fabriquées à Bilboa (en pays Basque), auraient existé dès le
XIe siècle.De plus audacieux remontent l'invention du pique-balle aux époques carthaginoises, romaines ou même crétoises et de récentes fouilles effectuées dans la presqu'île du Yucatan ont mis à jour un traité mayan datant de la période classique (250-950 après J.-C.) sur un jeu semblable à la première forme du pique-balle mais où les "balles" auraient été - qu'on nous pardonne de le mentionner - des cranes humains.
            
       Quoiqu'il en soit, cela n'explique pas qu'on retrouve, aujourd'hui, des bilboquets dans à peu près tous les pays et toutes les régions du monde, y compris celle du Grand Nord où les Inuits les fabriquent depuis fort longtemps avec des défenses et des omoplates de morses.
Le bilboquet japonnais
ou le "Kendama"


Pour voir les secrets de fabrication et avoir les plans : http://www.casatv.ca/publications/renovation-bricolage/un-bilboquet-japonais/page-1

Si vous aimez les jeux d'habileté, vous apprécierez sans doute relever le défi proposé par le Kendama, le pendant japonais du bilboquet franŹçais. Dérivé du bilboquet, très populaire au 17e siècle, le kendama trouve ses racines en Europe. C’est par la Chine que le jeu transite vers le Japon au cours du 18e siècle tout en continuant d’évoluer. En 1921, un fabricant de jouets lui ajoute une partie transversale qui ressemble étrangement à un tambour traditionnel japonais appelé tsuzumi, et dont la forme s’apparente à celle d’un sablier. C’était le prototype du kendama actuel. Aujourd’hui, des compétitions et des tournois de kendama sont organisés un peu partout au Japon.

Le kendama constitue en quelque sorte une version plus «complète» du bilboquet qu’on connaît ici. Le manche se termine en pointe à un des bouts alors que l’extrémité opposée s’évase pour former une première «coupe» servant à recevoir la balle. Mais ce qui distingue essentiellement les deux modèles est l’embranchement horizontal qui traverse le manche du kendama, et dont les bouts présentent deux autres coupes.



Bibliographie :
- L'Histoire du bilboquet, du pique-boule au bilboquet professionnel - Olaf de Huygens-Tremblay, Presses de l'Université de Napierville (1984) - en réimpression.
- Mémoires (1691-1723) - Saint-Simon - éditions Ramsey (1978)
- Commentaires (1521-1576) - Blaise de Montluc - éditions Gallimard (La Pléiade) (1964)
- Don Quichotte de la Manche - Miguel de Cervantes Saavedra - éditions du Jour et de la Nuit (1972)
- Interview - Euclide Marshall - La Gazette de St-Romuald-d'Etchemin-et-d'Esch-sur-S×re - Novembre 1992, pages 29 à 36.
- Le Dictionnaire Encyclopédique Marshall - édition courante - Presses de l'Université de Napierville



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