Les Quilles au Bâton

D'APRÈS L'ENCYCLOPÉDIE ET AVEC LE DICTIONNAIRE RAISONNÉ DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS
Ce jeu se joue avec sept quilles plus hautes et plus grosses que les quilles ordinaires que l'on plante l'une près de l'autre dans du sable, et sur la même ligne: on abat ces quilles avec des bâtons. Pour gagner, il faut toujours en abattre un nombre pair, l'impair perdant à chaque coup. Quand le tireur a renversé trois fois des quilles en nombre impair, il ne peut plus tirer; il faut alors céder le bâton à un autre. Il en est de même quand il a tiré trois coups sans rien abattre. On peut jouer un grand nombre à ce jeu; c'est le tireur qui le borne, quand il a partagé entre plusieurs parieurs l'argent qu'il veut hazarder. Ces parieurs qui jouent pour le nombre impair, mettent la même somme que lui au jeu, et tous perdent, s'il amène pair. On peut gagner ou perdre beaucoup à ce jeu en peu de temps. Il ne se joue guère que dans les foires de campagne, du moins je ne l'ai vu jouer que là. Il n'est, à proprement parler, qu'un défi, qu'une gageure que fait un homme contre un autre d'abattre un nombre pair de quilles.

Site de l'association:
Les Amis de Milly-en-Gâtinais et Environs – LAMGE
L’association "Les Amis de Milly-en-Gâtinais et Environs" a pour objet l'étude et la promotion du patrimoine historique, culturel et architectural de Milly-la-Forêt et des autres communes du Parc Naturel Régional du Gâtinais français.                      Eric GACHOT

eric.gachot@orange.fr

À la fin du XVIIIème siècle, on jouait aux quilles.
La « Quille au Bâton » se jouait dans les fossés du château et le long des murs de la ville. La tenue des jeux de quilles était affermée à bail et donnait lieu à la perception d’un droit seigneurial. Le seul jour où le jeu produisait quelque chose était le 29 Octobre, fête de Saint-Simon, parce que la foire attirait à Milly une grande affluence de visiteurs. Edme-Jacques Montagne était Fermier du Jeu de Quilles (par acte du 30 Octobre 1755) et exploitait le jeu dans les fossés du château. Or, le 29 Octobre 1764, un nommé Le Comte, Exempt de maréchaussée, avec sept archers, arrête Montagne pendant la fête Saint-Simon et l’enferme dans les prisons du baillage malgré ses revendications.

Le Comte écroue Montagne en ces termes : « l’an 1764, nous Hypolite Le Conte, Exempt…, avons écroué et mis ès prisons, le nommé Edme-Jacques Montagne, pour avoir fait résistance à la maraichaussée, en donnant à jouer aux quilles au bâton, contre les défenses que nous lui avions faites ».

En arrêtant Montagne ce jour là, l’Exempt lui faisait perdre une de ses plus grosses recettes de l’année. La marquise du Lau ayant rencontré l’Exempt, lui fit des observations et chose extraordinaire pour l’époque «L’Exempt, le chapeau sur la tête, répondit à la marquise d’Allemans qu’il n’avait point de compte à rendre à une femme ». Finalement, le marquis prenant la défense de son fermier, porta l’affaire devant le Parlement de Paris, en vue de « dommanges et intérêts ».

 

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